Fiche
Depuis plusieurs siècles, le jeu de bourles fait partie intégrante du patrimoine vivant de la Wallonie picarde, mais aussi de certaines régions de Flandre et du Nord de la France. Aujourd’hui encore, les bourleurs et bourleuses perpétuent cette tradition ancestrale, que ce soit à travers le championnat régional, des tournois organisés par les 16 clubs toujours actifs en Fédération Wallonie-Bruxelles, ou lors d’événements festifs et populaires. Convivialité, stratégie et adresse sont les maîtres-mots de ce jeu traditionnel qui continue de faire vibrer les communautés locales.
Toutes les informations sur Le jeu de bourles
Les bourloires encore en activité en Wallonie picarde :
Antoing (7640) rue du Burg
Bailleul (7730), place de l’abbé César Renard
Blandain (7522), 5 rue de l'Église Saint-Eleuthère
Dottignies (7711), 38 rue Julien Mullie
Escanaffles (7760), 149 rue Provinciale
Hérinnes (7742), 413 chée d’Audenarde
Hérinnes (7742), 445 rue de la Cure
Houthem (7781) 24 rue de la Cortewilde
Kain (7540), 19 rue Raoul Van Spitael
Pottes (7760), 21 Place
Pottes (7760), 23 Place
Les sociétés de jeu de bourles en Wallonie picarde :
Blandain - Rue de l’église Saint-Eleuthère, 5, Blandain, 7522
Bourleux du Pays-Blanc - Rue du Burg, Antoing 7640
Camargue - Café « La Camargue, Chaussée d'Audenarde, 415, Hérinnes, 7742
Cazeau - Rue Henri Pouchain, 35. Toufflers, 59390
Escanaffles - Salle « Concordia », Rue provinciale, 149. Escanaffles, 7760
Kain - Café « Le Colombophile », Rue Raoul Van Spitael, 19, Kain, 7540
Léaucourt - Bourloire communale, Rue de la Cure, 445, Hérinnes, 7742
Les Amis de la bourle d'Hérinnes - Café « La Concorde », Place de Pottes, 23, Pottes, 7760
Les Camarades bourleurs - Place de l’Abbé César Renard, 1, Bailleul, 7730
Les Amis de la bourle de Bailleul - Place de Pottes, 21, Pottes, 7760
Les Cécé de Pottes - Place de Pottes, 21, Pottes, 7760
Les Coyotes - Place de Pottes, 23, Pottes, 7760
Les Francs bourleurs de Dottignies, Rue Julien Mullie, 38, Dottignies, 7711
Les Rouches bourleux, Café « La Camargue », Chaussée d'Audenarde, 415, Hérinnes, 7742
Les Tontons flageurs, Rue de l’église Saint-Eleuthère, 5. Blandain, 7522
Pottes - Café « La Concorde », Place de Pottes, 23. Pottes, 776
Les 16 sociétés de jeu de bourles recensées en Fédération Wallonie-Bruxelles sont situées en Wallonie picarde, dans l’arrondissement de Tournai-Mouscron. Ces sociétés regroupent 384 membres et participent au championnat régional organisé par la Fédération de bourles du Tournaisis.
Le jeu de bourle se pratique sur une piste incurvée, nommée bourloire, au moyen de boules spécifiques (voir explications au 1.7). Le but du jeu est de se rapprocher le plus près possible de la cible appelée “étaque”, position qui accorde des points permettant ainsi de désigner le vainqueur en fin de rencontre.
Une partie est découpée en “bout” qui correspond au lancer de toutes les bourles des joueurs engagés vers l’étaque en bout de piste. Les bouts s'enchaînent dans un sens, puis dans l’autre, afin d’éviter de ramener les bourles au point de départ (la longueur de la piste étant de +/- 25 mètres).
Déroulement d’une partie jouée en championnat du Tournaisis :
En championnat, de manière la plus courante, le jeu se pratique en équipe de 4 ou 5 joueurs, chacun lançant 2 bourles. Celles-ci sont rigoureusement calibrées selon la norme “tourquennoise” : 1,800 kg maximum et 195 mm de diamètre maximum. L’équipe débutant la partie est choisie par la société invitée : soit elle commence, soit elle laisse la main à l’équipe adversaire (l’hôte). En tournoi, l’équipe débutant est tirée au sort, au moyen d’une pièce.
Le premier joueur, le pointeur de l’équipe A, se positionne en mettant au moins un pied derrière l’étaque et tente de placer sa bourle, par un lancer droit, le plus près possible de l’étaque en bout de piste. Il procède de même avec sa seconde bourle avant de laisser la place au joueur suivant de son équipe qui essaiera de protéger les bourles du pointeur. Les autres partenaires de l’équipe A ont pour rôle de bloquer le jeu en disposant leurs bourles de manière telle à empêcher d’atteindre facilement l’étaque. Les bourles lancées trop fort, et récoltées dans le “bac / tchu”, sont “hors jeu” et ne peuvent plus être récupérées.
Après cela, l’équipe B se met en piste. Elle devra choisir la meilleure technique pour placer une bourle au plus près de l’étaque - en jouant le plat (trajectoire droite), en rivant (trajectoire sinusoïdale) ou en frappant (la bourle adverse). Un point est accordé pour chaque bourle placée plus près que celles de l’équipe adverse. On “fait jô” quand un point est marqué. Si nécessaire, un compas est utilisé car l’écart de position depuis l’étaque est parfois minime.
Le match se poursuit en sens inverse, pour jouer le deuxième “bout” et les suivants. L’équipe qui pointe est celle qui a marqué le(s) point(s) lors du bout précédent. Un match de championnat se joue en 14 bouts, divisés en 3 manches (5 bouts, 5 bouts et 4 bouts).
Les tournois :
Les tournois se jouent toute l’année, sur différentes bourloires. Chaque société organisatrice définit les dates de matches, sur une période qui oscille entre 4 et 5 semaines.
Les matchs se jouent par équipe de 4 et en 6 bouts (+/- 1 heure de jeu) lors des éliminatoires ; en 8 bouts lors des demi-finales et en 10 bouts lors de la finale. Les bourles sont fournies par les organisateurs par souci d’équité. En effet, les tournois sont ouverts à tous, à condition de s’inscrire quelques semaines à l’avance. Ils attirent des joueurs débutants, confirmés, des enfants, des femmes, des équipes venant de France et de Flandre...
Outre le championnat du Tournaisis et les tournois, diverses organisations animent le calendrier du jeu de bourles, comme le classement interne au club, la désignation du “roi” ou de la “reine”, les joutes intergénérationnelles, les rencontres organisées pour la ducasse qui se pratiquent aussi en rue… Ces formes sont l’héritage du passé ancestral du jeu de bourles (joutes sur rue) et de son évolution répondant aux attentes de la société actuelle (joutes intergénérationnelles).
Les langues :
Les langues utilisées dans la pratique sont le français, le picard et le westvlaams. Les mots et expressions propres au jeu de bourles sont repris dans le dossier.
- Pratiques sociales, fêtes
- Artisanat
- Traditions orales
La transmission se fait de manière non formelle, principalement par des membres de la famille et des amis, car ces deux cercles constituent le noyau fondamental des usagers des bourloires. Certaines sociétés organisent des entraînements à horaire fixé, d’autres selon les souhaits du responsable. Un joueur s’adonnant, durant la même semaine, à un entraînement, un match de championnat et une rencontre de tournoi aura consacré +/- 5 heures à la pratique de la bourle.
Lorsqu’un jeune marque son intérêt de s’initier, on le met sur piste le plus rapidement possible [Autrefois, il assistait passivement aux matches, en regardant les joueurs au moins durant une saison...]. Depuis 5 ans, il est constaté une participation accrue de jeunes aux différents tournois, pour tester le jeu puis ”se faire la main”. Certains y adhèrent au point de s’inscrire dans un club et de jouer en championnat.
Lors des séances d'entraînement ou à l‘occasion de joutes spéciales, des binômes se forment entre un joueur expérimenté et un apprenant afin de transmettre plus efficacement les techniques.
Même si le jeu parait visuellement simple, plusieurs années de pratique sont nécessaires pour maîtriser les différentes techniques de lancer. L’apprentissage se fait par gradation pour comprendre la trajectoire de la bourle au regard de son côté fort et faible, pour ajuster la force du lancer, pour utiliser les rives. Les frappes sur les bourles adverses ne se font que par les joueurs aguerris afin d’éviter la détérioration du revêtement de la piste.
Une franche solidarité est constatée dans le milieu notamment pour le partage d’une bourloire entre plusieurs sociétés (cf La Camargue à Hérinnes) en réservant des créneaux horaires convenus de commun accord pour les entraînements et les rencontres de championnat. Certains joueurs sont inscrits dans plusieurs sociétés afin de renforcer des équipes incomplètes et d’assurer, par la même occasion, la survie de structures menacées. Une disposition particulière a notamment été prise pour la société de Cazeau qui évoluait dans la bourloire de Templeuve. L’accès au bâtiment, jugé insalubre et dangereux, est interdit depuis un an. Les membres ont été accueillis à Toufflers, commune limitrophe située en France, par souci de préserver la proximité de la pratique. L’équipe intègre depuis une majorité de joueurs Français et est toujours admise à concourir dans le championnat du Tournaisis.
Des ouvertures exceptionnelles de bourloire, sous l’égide d’un membre de la société, s’organisent parfois sous forme de team-building ou de fête privée. C’est un moyen de faire connaître le jeu et d’attirer de nouveaux adeptes. Cette sensibilisation vers le tout public s’opère également lors des joutes de fêtes locales organisées sur les places et en rue.
Les enfants de joueur.ses de bourle peuvent s’exercer de manière non formelle lors des séances d'entraînement ou après les matchs des membres des clubs. Cette approche se fait par envie d’imitation. Afin de booster la motivation, les jeunes sont rapidement invités à jouer en intégrant les règles. Des joutes spéciales sont organisées à leur intention. Ainsi, toute équipe formée de 4 jeunes de moins de 15 ans a l’opportunité de participer aux tournois, en jouant dans la catégorie féminine. Ils bénéficient de leur classement propre, reçoivent trophée, bonbons et sont acclamés par les applaudissements de toute l’assemblée présente lors de la clôture de l’événement. Les jeunes de moins de 15 ans peuvent aussi rejoindre, si souhaité, une équipe composée d’adultes, tant féminine que masculine.
En mai 2025, la Fédération des bourles du Tournaisis a organisé, à Hérinnes, une formule de tournoi open intergénérationnel, avec le soutien de la commune et la société de Léaucourt. Cette organisation sera reconduite chaque année au regard de l’engouement constaté auprès des participants. Elle sera améliorée afin de satisfaire les souhaits des jeunes, selon la formule : une équipe de 2 joueurs (soit – de 15 ans avec ou sans adulte / jeune ou adulte avec ou sans expérience de jeu), 3 bourles chacun, 4 bouts. Un match dure +/- 30 minutes ce qui limite le temps d’attente avant de se mettre en piste. Aucun vainqueur n’est déclaré en fin de tournoi car chaque participant est gratifié d’un trophée et d’un paquet de bonbons (gratification possible grâce aux mises d‘inscription de 2€ par équipe, aux trophées donnés par la Province de Hainaut et les communes, et aux recettes de la buvette).
Les enfants de certaines communes (Dottignies, Estaimpuis, Hérinnes, Escanaffles, Blandain...) sont sensibilisés dans le cadre scolaire en venant visiter une bourloire et en testant quelques lancers sur la piste. Des activités extra-scolaires (plaines de jeux, Eté jeunes, stages sportifs...) sont aussi entreprises. Quelques volontaires encadrent les enfants mais leurs disponibilités sont cependant insuffisantes pour organiser des formations dans chaque commune durant les vacances scolaires, le mercredi après-midi ou le WE.
Un projet PECA “Vis ton patrimoine ! “ sur le jeu de bourles a été mené durant l‘année scolaire 2024-2025 avec 3 classes du Collège technique Saint-Henri de Mouscron. De riches rencontres intergénérationnelles ont été formalisées entre les élèves de 3e année des sections Bois et Construction et les responsables de société, les joueurs (dont certains maîtrisant les expressions picardes), l’artisan tourneur de bourles. La vidéo réalisée contextualise le jeu de bourle au cœur du patrimoine vivant, expose les découvertes et les travaux pratiques réalisés. Une ”bourloire de salon” de 6 mètres de long a été confectionnée par les élèves. Installée dans un premier temps dans le hall d’accueil du Musée de Folklore vie Frontalière de Mouscron, elle a permis à plusieurs centaines de visiteurs, dont de nombreux enfants, de découvrir ce jeu traditionnel de manière participative. Aisément transportable, la piste sera prêtée à l’occasion de salons et fêtes locales tout comme lors de l’organisation des tournois (apportant ainsi une distraction de forte sensibilisation pour les enfants dont les parents jouent sur la piste officielle...).
Personnes / organisations impliquées dans la transmission :
La transmission se fait principalement par le biais des cercles familiaux et amicaux, les joueurs confirmés encadrant, de manière totalement bénévole, les apprenants. La transmission se fait principalement par le biais des cercles familiaux et amicaux, les joueurs confirmés encadrant, de manière totalement bénévole, les apprenants. Suivant une tradition séculaire, lors des rencontres de championnat ou de tournoi, chaque équipe désigne un ”commandant” ou aujourd‘hui parfois le ”capitaine - le chef”, le joueur le plus expérimenté, qui choisit la stratégique de jeu à adopter (pointer ou taper, viser l’étaque, jouer sa bourle fort au mur ou aux ”vitres”...) et qui motive ses coéquipiers. Il a aussi pour mission de maintenir l’ambiance cordiale durant les rencontres. Le rôle de la Fédération dans la transmission se base sur les différentes organisations : matches de championnat, tournois, joutes amicales et intergénérationnelles, journées ”découvertes” intégrées dans les salons des sports organisés par les communes (Mouscron, Estaimpuis...).
Les actions de sauvegarde menées
- Une communication est entreprise, depuis 2020, sous l’égide de la Fédération des bourles du Tournaisis afin de lancer les invitations aux réunions communes (comités, assemblée générale, banquet annuel…). Une page facebook est active.
- Au niveau de la transmission et de la revitalisation, le nouveau tournoi intergénérationnel est porteur d'avancées positives. Les stages développent l’offre d’activités extra-scolaires au coeur des villages, dans un esprit de proximité et d’accessibilité pour tous. Le projet PECA “Vis ton patrimoine” a démontré l'intérêt des jeunes pour le jeu traditionnel, les rencontres avec les praticiens et tout l’engouement dynamique pour façonner la bourloire de salon.
- Au niveau de la sensibilisation tout public, les festivités locales redonnent une place de choix au jeu de bourles qui entretient les valeurs de la tradition et de la convivialité. Si la ville de Tournai ne possède malheureusement plus de bourloire en activité, les tenanciers du café “Au vieux Tournay” installent, durant un WE d'août, une piste éphémère sur la Grand-place avec initiations et mini tournoi. La bourloire de salon (projet PECA St-Henri) sera prêtée à la demande des sociétés de bourles et des communes.
- Dans le domaine “Identification, documentation, recherches”, il est constaté un soutien évident de la presse et des médias régionaux (L’Avenir Le courrier, Sudpresse Nord-Eclair, Notélé). Une recherche ethnologique est parue en 2025 dans le Cahier n°1 de “Vivant !”, édition du service du Patrimoine culturel de la FWB. L’implication des musées régionaux (MUSEF Mouscron, MUFIM Tournai, Arts et traditions populaires Wattrelos, Centre d’Histoire Locale Tourcoing) est aussi essentielle tant pour la recherche historique que pour des actions de mesures de sauvegarde.
- Dans une vision de protection, les responsables communaux sont interpellés, par le Comité de la Fédération, dans différentes communes afin d’intervenir pour la sauvegarde des bourloires (celles de Bailleul et Templeuve sont menacées de disparition) et pour des aides de fonctionnement.
Modernité et créativité
Le jeu de bourles et ses règlements ont évolué et s’adaptent constamment au regard de l’environnement sociétal. Le Comité de la Fédération et les présidents de société discutent ouvertement des évolutions nécessaires. Chaque année le règlement régissant les rencontres de championnat est analysé et adapté au gré de propositions votées à la majorité. Actuellement, les échanges portent sur un moyen d'accroître le suspens du classement du championnat, en modifiant la méthode de calcul du score final des équipes engagées.
Les tournois open et les joutes organisées à l’occasion de festivités locales permettent des adaptations créatives qui attirent le tout public, dans une optique de divertissement bien bénéfique pour la viabilité du patrimoine. La bourloire éphémère du Vieux Tournay attire les entreprises, les confréries carnavalesques, le secteur de l’horeca… qui se plaisent à former leurs équipes de bourleur.ses. En 2024, Jean-Pierre Castaldi a été initié à la bourle carreaulée. La mise en œuvre des pistes suit indéniablement l’évolution des techniques. Si la construction des bourloires traditionnelles, sur base d’un torchis mélangé à des durcisseurs naturels, est particulièrement écologique, elle présente les inconvénients d’un temps de séchage trop long et d’une fragilité aux chocs qui entraîne des dépenses de réparation trop conséquentes pour les clubs. Une émulsion de bitume, mélangée avec du sable fin, est le revêtement des pistes récemment refaites.
La fabrication des bourles recherche le meilleur compromis entre la solidité et la maîtrise du prix de revient. Aux bois exotiques coûteux (dont le gaïac), le noyer s’est progressivement imposé. En remplacement de l’utilisation du cœur du tronc de l’arbre, le choix d’un assemblage de lamelles collées permet l’utilisation raisonnée de la matière première.
Lutte contre le racisme et la xénophobie
Le jeu de bourles garantit l’inclusivité car il se destine à toutes les classes de la société : les populations autochtones, les primo-arrivants, les personnes d’âges et de genres différents ainsi que celles à besoins spécifiques. Les droits de cotisation et d’inscription aux tournois sont particulièrement modiques et donc à la portée de toutes les bourses. Aucune forme de racisme linguistique et culturel n’est observée au cours des nombreux échanges transfrontaliers entre Wallons, Flamands et Français.
Le projet PECA ”Vis ton patrimoine” a intégré des élèves ayant vécu l’émigration (et accueillis au Centre Fedasil de Mouscron), qui se sont parfaitement intégrés dans les découvertes du jeu de bourles. Nonobstant la multiculturalité présente au sein des 3 classes participantes, une forte dynamique de groupe a été scellée, faite de curiosité, d'intérêt et surtout de volonté d’entreprendre, en commun, la fabrication d’une bourloire de salon.
Dimension environnementale
Les bourles sont aujourd’hui façonnées à partir d’un agglomérat de morceaux (chutes) de bois de noyer, assemblés par collage, mis sous presse et séchés durant plusieurs mois. Cette technique évite l’abattage inutile d’arbre car seul le cœur du tronc possède naturellement les critères pour le tournage d’une bonne bourle (en tenant compte des dimensions, du poids et de la résistance aux chocs).
Dimension santé
La pratique du jeu de bourle invite à se bouger, à garder une souplesse et un bon maintien corporel (dos, bras, genoux), à maîtriser le lancer, à viser juste, à réfléchir à la tactique pour “faire jo”... Certaines mutuelles remboursent d’ailleurs une partie de la cotisation.
Dimension sociale
L’intégration dans une association évite l’isolement tant physique que moral. Elle offre de nombreuses possibilités de rencontre, de partage, de vie en société, incluant les notions des respects mutuel et réglementaire. Les joueur.ses de bourles forment une communauté amicale et solidaire autour d’un loisir commun. Ainsi, les événements heureux ou tristes vécus par les membres sont honorés par l’achat d’un cadeau de mariage, de naissance ou le dépôt d’une gerbe mortuaire.
Dimension économique : toute société se doit de trouver des ressources propres pour couvrir les dépenses de fonctionnement : perception de cotisation (+/- 50€/an), de droit d’inscription aux tournoi (+/- 10€ par équipe), recherche de sponsors, organisation de fêtes, tenue d’une buvette… Les bénéfices récoltés sont réinjectés dans le paiement de l’inscription au championnat de la Fédération (soit 300€/équipe participante), pour l’achat de bourles utilisées lors des tournois et mises à la disposition des joueur.ses inscrits, pour la coûteuse réparation des pistes aussi.
Mesures de sauvegarde envisagées
Dans les années à venir, la communauté patrimoniale entend se concentrer sur les projets suivants :
- Au niveau de la communication, la fédération envisage la création d’un site internet reprenant toutes les informations utiles concernant les sociétés, les contacts, les cotisations, les horaires d'entraînement, le calendrier des matchs de championnat, les tournois et autres activités.
- Afin de remédier aux menaces liées à la sauvegarde et à la restauration des pistes (bourloires), un contact sera établi avec l’AWaP, division du Petit Patrimoine Populaire Wallon. A ce jour, les dispositifs extérieurs de sports et de jeux anciens dans l’espace public sont éligibles pour une inscription sur l’inventaire en question. Cette reconnaissance offre des garanties de sauvegarde et permet aussi l’introduction de dossier de subvention, d’un montant maximal de 10.000€ pour tous travaux d’entretien.
- Les sections “ébénisterie” de l’enseignement technique, professionnel et artistique des écoles de Wallonie picarde seront sensibilisées, par l’envoi d’une vidéo, sur la fabrication des bourles car la transmission de ce savoir-faire est menacée. Cette action sera entreprise par le MUSEF de Mouscron.
- “Transmettre pour sauvegarder” tel est le concept fondamental pour tous les éléments relevant du PCI. Sensibiliser les jeunes pour qu’ils assurent la pérennité du jeu de bourles devient une priorité essentielle. Il serait équitable d’offrir les mêmes soutiens publics aux jeux traditionnels qu’aux disciplines sportives. Il n’existe, en Région Wallonne, aucune structure qui permette de fédérer et de défendre ces jeux (tir à la perche verticale, à l’arbalète, tir à la corde, jeu de quilles, de bourles…). Une inspiration peut toutefois être trouvée en Région flamande, auprès de VLAS (Vlaamse Traditionale Sporten). L’objectif serait que l’ADEPS reconnaisse les missions citoyennes entreprises par les sociétés de jeux traditionnels. Passé ce cap, des formations à l’encadrement du jeu, à vocation pédagogique, deviendront possibles et, par extension, le développement de stages, d’un accueil temps libre, dispensés par des moniteurs-animateurs agréés et sous convention de prestations de bénévolat.
Le Nord de la France livre également un exemple de revitalisation inspirant : inviter les classes d’école à visiter une bourloire et à s’essayer au jeu. Le PECA, du pacte pour un enseignement d’excellence, stimule ces découvertes actives du PCI.
Contact
Véronique Van de Voorde
Directrice du MUSEF
Rue de la Station 14,
7700 Mouscron
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