Une dent rare, témoin de la présence néandertalienne en Belgique
La dent classée est une seconde molaire inférieure droite appartenant à un enfant néandertalien âgé de cinq à six ans. Elle a été découverte en 1984 dans le site archéologique du « Trou de l’Abîme » à Couvin, lors de fouilles scientifiques menées par le Musée du Malgré-Tout et l’Université de Liège. Datée de 44.500 ans avant notre ère, elle constitue la plus ancienne dent néandertalienne connue à ce jour en Belgique.
Une pièce maîtresse à découvrir au Musée du Malgré-Tout
La dent est exposée de façon permanente dans les salles du Musée du Malgré-Tout à Treignes (Viroinval), où elle s’inscrit dans une collection dédiée à la Préhistoire. Le public est chaleureusement invité à venir découvrir cette pièce unique, témoin émouvant de la vie d’un enfant néandertalien et de l’histoire ancienne de notre territoire. Elle incarne l’excellence des recherches menées en Belgique sur le Paléolithique et la richesse du patrimoine de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
Légende photo : Dent néandertalienne conservée au Musée du Malgré-Tout à Treignes (Viroinval). Classé le 3 juillet 2025. © Musée du Malgré-Tout
Deux témoins de l’histoire minière ont également été récemment reconnus comme Trésors de la FW-B.
Le registre de présence du personnel ouvrier des charbonnages du Bois du Cazier à Marcinelle
Ce registre, tenu entre décembre 1955 et janvier 1957, est un document d’apparence administrative, mais d’une portée symbolique et émotionnelle immense. Il témoigne, dans une rigueur bureaucratique, de la tragédie du 8 août 1956, lorsqu’un incendie dans les galeries du charbonnage du Bois du Cazier causa la mort de 262 mineurs de 12 nationalités différentes, faisant de cet événement la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire belge. Les noms des 262 victimes dont une majorité d’italiens y sont progressivement rayés, annotés de la mention « décédé », au fil des opérations de sauvetage. Ce document unique, devenu un symbole de mémoire collective, incarne à la fois le drame humain, les réalités de l’immigration ouvrière d’après-guerre, et les prémices d’une prise de conscience européenne en matière de sécurité au travail.
Le ventilateur centrifuge de type « Guibal »
Chef-d’œuvre d’ingénierie industrielle conçu vers 1875 par l’ingénieur français Théophile Guibal, ce ventilateur de près de sept mètres de diamètre joua un rôle crucial dans l’amélioration de la ventilation des mines, permettant l’évacuation du grisou, du gaz carbonique et des poussières. Si des centaines d’exploitations minières de par le monde furent, à une époque, équipées de ventilateurs « Guibal », l’exemplaire conservé au Bois du Cazier est le dernier connu dans son intégrité. Il est donc un témoignage rare et précieux de l’histoire des techniques minières et incarne aussi l’apport de la Wallonie à la révolution industrielle européenne. Théodore Guibal fit, en effet, principalement sa carrière en Belgique et compte parmi les fondateurs de l'actuelle Faculté polytechnique de Mons appelée alors « École des mines ».
Un hommage renforcé en amont des commémorations
Ces biens ont été classés en amont des commémorations des 7 et 8 août, qui marquaient le 69e anniversaire de la catastrophe. Chaque année, les noms des 262 victimes sont lus à 8h10, heure de l'explosion, entre les tintements de la cloche Maria Mater Orphanorum. Cette reconnaissance patrimoniale vient renforcer le devoir de mémoire porté par le site du Bois du Cazier, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2012.
Légendes photos :
- Registre de présence du personnel ouvrier des charbonnages du Bois du Cazier à Marcinelle. Classé le 16 juillet 2025. © photo libre de droit
- Ventilateur centrifuge de type « Guibal ». Classé le 11 juillet 2025. © photo libre de droit
Actuellement, ce sont près de 250 biens mobiliers qui sont estimés exceptionnels par un comité d’experts et expertes. Outre leur protection par la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette reconnaissance permet de mettre en valeur ces fleurons de notre patrimoine. Cette mise en évidence s’effectue notamment par le biais du label « Trésor classé ». Récemment mis à disposition des institutions détentrices de trésors visibles dans les lieux culturels et publics, ce label permet aux visiteurs et visiteuses d’identifier facilement ceux-ci au fil de leurs escapades. Découvrez ces cinq biens exceptionnels issus de notre patrimoine !
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