Ce fragment roman du 12ᵉ siècle, sculpté en pierre de Tournai, se distingue par une iconographie figurative rare représentant des personnages – probablement un apôtre ou un évangéliste accompagné d’un évêque ou d’un abbé– ainsi que des motifs végétaux et symboliques liés au baptême. Il éclaire de manière concrète les pratiques religieuses en milieu rural à cette époque où le baptême constituait un rite de proximité au cœur de la vie paroissiale : les communautés villageoises disposaient de leurs propres cuves en pierre, produites localement, tandis que l’iconographie, accessible à toutes et tous, jouait un rôle pédagogique – d’autant plus essentiel dans une société largement analphabète – pour transmettre le sens du rituel.
Longtemps oublié avant d’être redécouvert, exposé puis un temps considéré comme disparu, le fragment a retrouvé sa place au sein de l’église et bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance officielle fondée sur sa valeur artistique, son intérêt historique et sa rareté. Par cette inscription, la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme sa volonté de préserver et de mettre en lumière un patrimoine culturel mobilier local et essentiel à la compréhension de notre histoire collective.
Le fragment de fonts baptismaux de l’église Saint-Amand à Spiennes, protégé en date du 10 février 2026, © IRPA-KIK, Bruxelles
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